L’oeil de Paris (12)

HOURRA ! Le présent blog est enfin muni d’un index ! Je pensais ne pas y arriver… De plus je m’étais aperçu que le bouton « commentaire » que j’avais mis en place avait disparu – probablement depuis des mois… Le logiciel me refuse à présent de l’installer, mais en sélectionnant l’article (en cliquant sur le titre), on trouve à la fin « Partager » avec un bouton « E-mail ». En marge de droite un encart explique la chose… A suivre.

Trump : çà part dans tous les sens. Dans cette histoire, mieux vaut prendre du recul. Nous sommes dans une situation où l’on voit enfin que le roi est nu, c’est-à-dire que l’Union européenne est en dessous de tout et ne représente rien, que le G 20 et Davos sont des pantalonnades, que l’Onu est un « machin » et que l’Otan n’a plus de légitimité depuis des années. Si les Etats-Unis deviennent notre ennemi, devra-t-on encore avoir le réflexe idiot de se ranger derrière l’Otan ? Cela fait un peu poncif, mais le caractère chinois qui signifie « crise » signifie aussi « opportunité ». C’est donc l’occasion de tout remettre à plat et de bâtir un nouvel ordre mondial, pas celui du plus fort, mais celui bâti sur une entente de nations sur la base du développement, avec comme outils non les monnaies de singe que sont le dollar et l’euro, mais celles basées sur une politique nationale de crédit. En ce sens les Brics constituent cette alternative. Nous sommes donc à une période très intéressante de l’Histoire, et il est idiot de se créer un ennemi, russe ou chinois !

Pour revenir aux Etats-Unis, ce qui s’y passe aujourd’hui s’apparente malheureusement à une guerre civile. Il faut savoir que tout au long de l’histoire de ce pays, deux factions se sont toujours affrontées. Celle, anti-impérialiste des pères fondateurs, incarnée ensuite (pour faire court) par Hamilton, Lincoln, F. D. Roosevelt et Kennedy ; et celle de la rente esclavagiste puis financière – avec son bras armé interventionniste – incarnée par presque tous les autres… Trump, malgré son côté anticonformiste, est un homme de business

"A l'occasion de chaque représentation, Astrat constituait un dossier de presse auquel venait s'ajouter le programme - abondamment dédicacé par le chef et les interprètes - et, selon le cas, divers éléments des costumes et décors : les bretelles violettes de Mario del Monaco dans le rôle de Rodolfo (La Bohème, Covent Garden, Opéra de Naples, 1946), la baguette de Victor de Sabata, la partition de Lohengrin annotée par Heinz Tietjen pour la mise en scène historique qu'il en donna à Berlin en 1929, les maquettes d'Emil Preetorius pour les décors de cette même représentation, le moule de faux-marbre que Karl Böhm fit porter à Haig Clifford pour le rôle du Commandeur dans le Don Giovanni qu'il monta au Mai Musical d'Urbino, etc."

On m’a reproché de ne pas m’être foulé cet été, avec ma série de trois Oeil de Paris beaucoup trop courts. Dont acte.

Celui qui suit est, pour me rattraper, un peu plus étoffé.

La rue d’Aboukir, commence place des Victoires, pour abou… tir rue Saint-Denis. On pourrait croire qu’elle doit son nom à une défaite : celle de la flotte française (Bonaparte) face à la flotte britannique (Nelson) dans la baie d’Aboukir, en Egypte, entre le 1er et le 2 août 1798. Mais le 25 juillet 1799, les Français y remportent une bataille sur les Ottomans. L’égyptomanie d’alors fait que la rue se trouve à proximité de celles du Caire, du Nil, de Damiette et d’Alexandrie !

Son tracé en oblique par rapport au plan général est un vestige du mur de l’enceinte dite de Charles VII.

L’art d’utiliser les placettes : avec des arbres !

Un bel arrondi d’angle !

Beau motif antique de ce qui fut l’hôtel de Rambouillet.

Immeuble construit par Jules de Joly, avant 1830. La façade est représentative du style Empire tardif. A droite : des médaillons garnis de bustes sur consoles.

Dans la boutique du rez-de-chaussée du même immeuble : une vraie ménagerie !

Au n° 44 se tient une de ces « fausses » façades que l’on peut trouver à Paris. Celle-ci cache un ventilateur de la RATP. Les fenêtres sont en maçonnerie et peintes en gris.

Celà pourrait choquer, mais entre nous, les Aventures de Tintin c’est tellement tarte… Alors soyons fous ! D’ailleurs, bien qu’on ne soit pas dans le Marais, nous sommes dans un quartier gay.

Tant qu’on y est… Ciel, mais qu’est-ce ?

Suite de précédemment… Ou bien faut-il voter pour les Canu(ts). mais nous ne sommes pas à Lyon…

Jeu de mots !

On mange mieux ichi que là-bas !

Eh, apprends l’orthographe !

Snif !

Voilà ce qui reste des services publics… T’as pas cent balles ?

N’est-il pas mignon ?

« L’atelier des artistes en exil (aa-e) se donne pour mission d’identifier des artistes en exil de toutes origines, toutes disciplines confondues, de les accompagner en fonction de leur situation et de leurs besoins, de leur offrir des espaces de travail et de les mettre en relation avec les réseaux professionnels (français et européen), afin de leur procurer les moyens d’éprouver leur pratique et de se restructurer ». Depuis que j’ai pris la photo, l’atelier a déménagé rue Brancion.

« Le siège de la rédaction du magazine L’Histoire fut celui de l’Association des écrivains pour la défense de la culture. Fondée en 1935, elle comptait Paul Nizan, Louis Aragon, ou André Malraux. Au 8 rue d’Aboukir, l’histoire précède L’Histoire ! » – Et dans le reflet de la pancarte, votre serviteur en pleine action !

Et la rue « aboukit » place des Victoires, malheureusement enlaidie par des travaux !

Dekoikonparle ? (10)

Cryptomonnaie et monnaie virtuelle/fictive

Bonne année 2026 à tous ?

Je mets ce point d’interrogation, car un spectre hante non pas l’Europe, mais le monde : le krach financier. Oui, je sais, ce sera le énième mais à chaque fois, tel un clou, une bulle chasse l’autre, afin de sauver les meubles in extremis. Sauf qu’à force (comme on dit), çà ne suffira pas, et la bulle « du moment » (celle de l’IA) pourrait entraîner les autres. En un mot, ce sera la « bulle de tout » (« everything bubble ») – deux millions de milliards de dollars ! – qui va enclencher le krach des krachs, le big one. Depuis le 9 décembre, les Etats-Unis ont une fois de plus inondé les marchés de liquidités pour éviter le krach, dont 74 milliards dans la seule journée du 31 décembre ! Selon l’économiste russe Sergueï Glaziev, « des flots de mensonges accumulés et de capitalisation fictive se déverseront, entraînant les adeptes de la croissance éternelle dans leur sillage, et la sobriété qui suivra cette intoxication narcotique sera brutale et durera des décennies ».

Pas la peine de vous désabonner de ce blog : çà ne changera rien à la réalité ! En tous cas, l’article d’aujourd’hui n’est pas sans lien avec le krach. Alors entre une guerre « préventive » américaine aux Vénézuéla, Colombie, Panama, Cuba, Mexique, Iran, Groenland d’une part (les nouveaux Irak), et le krach financier d’autre part, gar(d)e à vous !

"Au-delà du premier niveau des caves avaient commencé les masses émergées : des escaliers aux marches sonores qui descendraient en tournant sur eux-mêmes, de longs corridors carrelés avec des globes lumineux protégés par des treillis métalliques et des portes de fer marquées de têtes de mort et d'inscriptions au pochoir, des monte-charges aux parois rivetées, des bouches d'aération équipées d'hélices énormes et immobiles, des tuyaux d'incendie en toile métallisée, gros comme des troncs d'arbres, branchés sur des vannes jaunes d'un mètre de diamètre, des puits cylindriques creusées à même le roc, des galeries bétonnées percées de place en place de lucarnes en verre dépoli, des réduits, des soutes, des casemates, des salles de coffres équipées de portes blindées."

A la fin des années 1990, je me vois encore expliquer le marché des produits financiers dérivés à mon père qui me répondait : « tu dis que c’est opaque, mais c’est pas possible : il y a bien une trace dans les livres de comptes ». Il en était resté aux bonnes vieilles actions et obligations de la « Bourse de papa » et ne croyait pas au casino qu’étaient devenus les marchés financiers. Expliquer ce qui va suivre à ceux qui ont connu les francs et qui en sont restés au bons vieux Instituts d’émission et autres Chambres de compensation n’est pas de la tarte !

Cryptomonnaies et monnaies virtuelles. Tout d’abord ces deux-là n’ont rien à voir avec la monnaie dématérialisée, où il s’agit d’abandonner le papier monnaie ou les pièces (trop chers à fabriquer, falsifiables, encombrants, non hygiéniques), les chèques, voire la carte de paiement, et de les remplacer par des opérations via un smartphone, un porte-monnaie électronique ou que sais-je. On y viendra, c’est l’évolution normale des choses, et tout cela doit être encore basé sur des devises « réelles »1 : dollar, euro, yuan, etc.

1. Je mets des guillemets, car dollars et euros sont depuis longtemps émis sans contrepartie en biens ou projets réels et productifs. De la fausse monnaie, en quelque sorte.

« Véritable Monnet de singe » (allusion au monétariste Jean Monnet, sans jeu de mots). Dessin de Karel Vereycken (1988).

Les monnaies virtuelles, c’est tout autre chose, et il faudrait plutôt parler de monnaies fictives. Ce sont les cryptomonnaies, des instruments financiers créés immatériellement, simples codes informatiques servant à la spéculation (surtout) ou aux échanges. Ils ne passent pas par les banques nationales ou centrales. Pour assurer la sécurité des échanges, les cryptomonnaies reposent sur des technologies de cryptographie (d’où leur nom) comme la blockchain2. La valeur des cryptomonnaies fluctue en fonction de l’offre et de la demande.

2. On pourrait consacrer un Dekoikonparle à la blockchain et autres tokens et NFT. Mais tout est fait pour qu’on y comprenne rien….

Blockchain : toutes les transactions sont inscrites dans des blocs qui, attachés les uns aux autres, forment une chaîne - d'où le nom "blockchain". Ces transactions peuvent être ouvertes à tous (comme celles du bitcoin), ou privées (alors seuls les membres en ont les codes).

Bon. Là, pour le coup, les « cryptos » ne sont pas adossées à une politique de crédit productif. Il s’agit ni de monnaie nationale, ni de monnaie commune3, car émises par des « acteurs non-gouvernementaux » : banques privées, entreprises, fonds spéculatifs… La première cryptomonnaie et la plus « populaire » est le bitcoin (BTC), lancé en 2009. Ses transactions sont réalisées sous pseudonymes, mais le registre est ouvert à tous.

3. Une monnaie commune (ex. feu l’ECU) est partagée par plusieurs Etats sans se substituer à leurs monnaies nationales, tandis qu’une monnaie unique (ex. l’euro) est supranationale.

On pourrait se rassurer car il existe des cryptos adossées à des valeurs « stables », d’où leur nom de stablecoins. Ces derniers sont supposés permettre de bénéficier des avantages offerts par les cryptomonnaies traditionnelles, comme l’immutabilité et le pseudonymat, sans leur principal défaut qu’est leur grande volatilité. Mouais…

LESAVIÉVOU ? Le vocabulaire halieutique s'est imposé très tôt dans le lexique des cryptomonnaies. Les petits épargnants sont les shrimps (crevettes). On passe ensuite aux crabs, fishes, sharks, jusqu'aux plus gros : les whales (baleines). La biodiversité cryptomonétique recense les baleines historiques (les investisseurs précoces), les baleines dormantes (portefeuilles restés inactifs), les baleines institutionnelles (fonds spécialisés, trésoreries de grands groupes, banques)...

La mal nommée loi GENIUS4, téléguidée depuis la City de Londres et signée par le Président Trump le 19 juillet 2025, propose d’adosser une crypto « à des réserves liquides et sûres, par exemple le dollar ou les bons du Trésor américain ». Outil non de régulation mais de dérégulation car il délègue cette responsabilité aux autorités des cinquante Etats ! Il y a quand même des économistes européens intelligents (si, si !) qui voient avec cette loi un moyen de booster le dollar, qui pourrait même aboutir à la mort des systèmes bancaires publics par le pillage des actifs européens par un empire américain lourdement endetté qui cannibalise ses alliés afin de survivre et de préparer à la guerre. La montée spectaculaire de ce marché est une nouvelle tentative de sauver le dollar en faillite, avec beaucoup plus d’argent sale qu’en 2007-2008 provenant cette fois des stablecoins, mais aussi des autres cryptomonnaies.

4. Guiding and Establishing National Innovation for US Stablecoins Act (Loi nationale pour l’orientation et la mise en place innovante des stablecoins).

Abracadabra ! Une nouvelle monnaie !

Tenez-vous bien : la valeur totale des stablecoins en circulation approche déjà les 250 milliards de dollars, contre 1 milliard en 2018 ! Le marché est dominé à 90% par deux « acteurs » américains : Circle et Tether. Et les stablecoins sont hébergés par les mêmes blockchains que les cryptos « non stables », elles-mêmes connectées au darknet. C’est donc une véritable invitation à toutes les mafias à blanchir leurs capitaux via ce système. Cette croissance contamine déjà le système financier traditionnel (fonds monétaires, fonds de pension, banques) : SG Forge5 (filiale de Société Générale) et JP Morgan Chase ont lancé leurs propres stablecoins, ainsi que PayPal et BlackRock. Amazon et Walmart envisagent de le faire. Les banques vont elles être remplacées à terme par des conglomérats technologiques ? D’après Paul Spydell, journaliste de The Economist, journal pourtant porte-parole de la City de Londres, le marché américain « est la quintessence d’un concentré d’idiotie »

5. To forge signifie falsifier, faire un faux !

Faux billet distribué lors des manifestations nationales contre le réforme des retraites.

On nous vend donc une monnaie privée totalement fictive, aussi fictive que l’étaient les promesses des tulipes hollandaises, des assignats français ou des bons Mefo hitlériens. On sait comment tout cela s’est terminé… Certes, on pourrait dire que la bulle des cryptos a déjà éclaté : ce marché ayant subi au mois d’octobre dernier (toujours octobre…) la plus grande chute de son histoire. Mais cette chute finira par entraîner celle de toutes les autres…

La zone euro prévoit de réagir… en créant une monnaie interbancaire numérique fonctionnant sur une blockchain, reliant banques centrales, banques commerciales et autorités de régulation. Donc les Européens ne contestent pas les fondements de ce système numérique et féodal ! Ils feraient mieux de s’inspirer de la politique de Franklin D. Roosevelt de 1933 (crédit productif et tri entre banques utiles et banques parasites) ou de celle, actuelle et potentielle, des BRICS (alternative au dollar grâce au crédit productif), même si bon nombre de ces derniers veulent aussi lancer leurs propres stablecoins, mais adossés à leur monnaie nationale.

La Banque populaire de Chine a convoqué une réunion le 29 novembre en vue de « freiner la spéculation dans le commerce de monnaies virtuelles », réaffirmant que les cryptomonnaies « n’ont pas cours légal et n’ont pas le même statut juridique que les monnaies fiduciaires. Elles ne doivent pas – et ne peuvent pas – servir de monnaie sur le marché.[…] Elles comportent des risques d’utilisation à des fonds de blanchiment d’argent, de fraude à la collecte de fonds et de transferts transfrontaliers illicites de fonds ». En interdisant les cryptomonnaies, Beijing réaffirme donc la création monétaire comme prérogative exclusive du gouvernement. Une politique 100% à l’opposé de celle du gouvernement Trump…

Sources :
EIR Strategic Alert, Nouvelle Solidarité, The Conversation, Le Monde diplomatique, The Economist.

Belle transition pour vous suggérer cette exposition très intéressante aux Archives nationales [https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/evenements/faux-et-faussaires-du-moyen-age-nos-jours] .

La poésie en chansons

La Stratégie de sécurité nationale publiée par la Maison blanche le 4 décembre vise dans le mille. Ce document interdit expressément toute extension de l’Otan et offre du coup l’ardente occasion pour les Etats-Unis de quitter ce « machin » qui aurait dû être dissous en 1991 ! Aha !

J’ai fait un tour à la manif parisienne « pour Gaza » le 29 novembre dernier. Folklore habituel : keffiehs, culte du martyr et antisémitisme. J’ai dit à certains manifestants qu’il fallait exiger la libération de Marwan Barghouti. Ce membre du Fatah a été enlevé en 2002 par des agents israéliens, et croupit depuis en prison dans ce pays. Ce type, rallié à la non-violence, est le seul homme politique capable de diriger la Palestine, le seul qui puisse oeuvrer à l’édification d’un Proche-orient en paix ! Hélas, hélas, hélas, la plupart des gens présents à cette manif n’en avaient jamais entendu parler. Révolutionnaires à deux balles !

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"A l'intérieur de cette boîte, il y avait un mouchoir de soie verte, vraisemblablement taillé dans un mouchoir de parachute ; un agenda couvert de notations sybillines du genre "Debout", "gravures en losanges", "X-27", "Gault-du-Perche", etc. dont le difficile déchiffrement n'apporta aucun élément concluant ; un fragment de la carte au 1/160 000e du Jutland, initialement dressée par J. H. Mansa ; et une enveloppe vierge contenant une feuille de papier pliée en quatre : en haut et à gauche de la feuille de papier était gravé un en-tête :
Anton
Tailor & Shirt-Maker

16 bis, avenue de Messine
Paris 8e
EURope 21-45
surmontant une tête de lion qu'en terme d'héraldique, on aurait qualifié de passant ou léopardé."
 

Notre « tour de chant » de Noël » ! Après les calamiteuses Chansons Africa de l’année dernière, je vais me rattraper avec la poésie française mise en chansons. Pléonasme s’il en est, car tout poème*, même sans musique, est une chanson…

*Poème ou bien poésie ? Le Robert concède qu’une poésie est un « poème (généralement assez court) ».

Passons en revue certains interprètes (Ferré, Brassens, Reggiani, Ferrat…) qui ont chanté des poèmes, dont certains en ont fait leur fonds de commerce. Rutebeuf, Villon, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Aragon, Eluard, c’est mieux que Vianney, Maé, Bénabar ou Raphaël, qui n’hésitent pas à se présenter comme poètes. Je ne parle pas des rappeurs, que certains n’hésitent pas (même pas peur !) à présenter comme les nouveaux chanteurs à texte…

[Nota : à deux exceptions près, je n’ai trouvé que des vidéos en audio seul. On ne verra donc pas les interprètes en action, et c’est bien dommage.]

Nous allons commencer avec Rutebeuf (1245-1285) dont on ne sait quasiment rien de sa vie et qui a oeuvré dans le registre polémique et satirique. Parmi ses vers les plus célèbres, on trouve certainement ceux issus des Poèmes de l’infortune : « Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés… ». S’il n y en a qu’un pour interpréter la poésie française, çà ne peut être que Léo Ferré, et c’est lui qui va s’y coller pour Rutebeuf (même si ce dernier a été aussi merveilleusement chanté par l’excellente Joan Baez) :

Léo Ferré, Pauvre Rutebeuf, adaptation moderne des poèmes de ce dernier (musique : L. Ferré), 1955.

Brassens, lui, avait chanté la Ballade des Pendus de François Villon (1431-post. 1463). Cette version étant trop connue, j’ai choisi celle chantée par Serge Reggiani, jeune vieux (lui aussi) ne faisant pas dans la gaieté, et interprète quasi oublié maintenant. Pour moi, la poésie « moderne » commence avec Villon, cet écorché vif des bas-fonds à la Rimbaud, avec un zeste de Pasolini. Selon certains, Villon aurait participé à ce qu’on appelle le renseignement politique. Voyou et espion ?

Serge Reggiani, La Ballade des Pendus (texte : F. Villon, musique : L. Bessières), 1968.

Décidément, la poésie pré-classique inspire beaucoup les chanteurs ! Voici, moi qui pourtant n’aime pas La Pléïade, Joachim* du Bellay (1522-1560) avec Heureux qui comme Ulysse, interprété toujours pas par Brassens mais par Ridan (prononcer « Ridane »), chanteur pas vraiment connu de ceux qui écoutent Ferré ou Ferrat. A ceux-là, je dis : n’ayez pas peur, ce n’est pas un rappeur ! Avec ce petit clip d’animation, Ridan nous chante du Bellay d’une manière inattendue, peut-être trop légère pour certains :

* »Joaquime » ou « Joachin » ? De même Guilhem : « Guilème » ou « Guilin » ? Ghislaine : « Jislaine » ou « Guilaine » ? Je n’ai jamais su…

Ridan, Ulysse (texte : J. du Bellay, musique : Ridan), 2007.

Georges Brassens, La Légende de la Nonne (texte : V. Hugo, musique G. Brassens), 1956.

Aujourd’hui, « Rimbaud chanterait », clamait Michel Delpech… « Les bras en croix », même ! Voici Sensation (Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers/Picoté par les blés, fouler l’herbe menue…), interprété par Robert Charlebois, que peu de gens connaissent dans ce répertoire. Charlebois n’a pas fait que ses chansons libertaro-rock-identitaires des années 70 !

Robert Charlebois, Sensation, (texte : A. Rimbaud, musique : R. Charlebois), 1969.

Louis Aragon, quand il ne s’égarait pas dans des odes à Staline, écrivait d’excellents poèmes facilement adaptables au chant. Pour changer des pseudo- camarades Jean Ferrat/Isabelle Aubret qui en on fait leur fonds de commerce, voici Francesca Solleville, vraie communiste à l’écart du show-biz. Elle chante J’entends, j’entends d’Aragon mis en musique par Ferrat :

Francesca Solleville, J’entends, j’entends (texte : L. Aragon, musique : J. Ferrat), année ? .

Ah ! Encore Léo Ferré ! Mais je dois avouer que dans ce qui suit, il me déçoit : il s’agit de la fameuse Chanson d’automne de Paul Verlaine (Les sanglots longs…), dont on espérait mieux de la part du grand Léo, qui en fait une mauvaise parodie… On comparera, en gardant le meilleur pour la fin, avec l’interprétation nostalgique et très swing, par Charles Trenet (qui s’est accordé quelques licences par rapport au texte original, certes…) accompagné d’un excellent orchestre :

Léo Ferré, Chanson d’automne, (texte : P. Verlaine, musique : L. Ferré), 1986.

Charles Trenet, Chanson d’automne, (texte : P. Verlaine, musique : Ch. Trenet), 1941.

Berg-en-Brousse

Orwell : 1 .Le Prix de la Paix de Westphalie* a été attribué pour 2026 à… l’Otan (!), ainsi qu’à socioMovens, une « ONG » chargée de préparer le terrain pour des révolutions de couleur. En novlangue orwellienne, un coup d’Etat extérieur devient une « révolution de couleur », la guerre devient une « opération de maintien de la paix », et, comme le prouve ce prix, la guerre devient la « paix ». 2. Le 15 octobre s’est tenu à la ZAD (pardon) la fac de Saint-Denis un « grand rassemblement anti-impérialiste ». Près de 200 étudiants ont applaudi une intervenante se disant « fière »de revendiquer l’attaque du 7 octobre, qu’elle a présentée comme un « accélérateur de l’histoire ». Orwell encore : le massacre devient « résistance », le terrorisme « lutte de libération », et les terroristes des « rebelles »…

*Le traité de Westphalie (1648) mit fin à la Guerre de Trente ans. On en fit une doctrine qui, pour faire court, oblige le vainqueur à aider à la reconstruction du/des pays vaincu(s) afin que les conditions politico-économiques pérennisent la paix.

Plan de paix (ou ce qu’il en est au moment de la parution de ce blog) : un plan de paix très à l’avantage de Trump et du business, mais un plan de paix tout de même, que Macron, téléguidé par la géopolitique britannique, va tout faire pour le saboter…

Astrophysicien⋅ne⋅s, on ne dit pas « une naine blanche » mais « une femme de petite taille non racisée » !

Ecrans : 1. D’après MyMood, la plateforme consacrée à la santé mentale des jeunes, 50% de ceux-ci présentaient des symptômes dépressifs en 2024. La covid a exacerbé l’isolement numérique (réseaux « sociaux » et jeux vidéo). 50% c’est affolant… 2. Comme le constate Yann Diener dans Charlie Hebdo : « Un enfant a du mal à apprendre à lire ? On le met au fond de la classe sur une tablette. Un enfant est trop dépendant aux écrans ? On lui trouve une thérapie comportementale… sur tablette »

Boualem Sansal libéré ! [https://champouin.blog/2024/12/01/ecr-linf-4/]

"Il s'appelait Monsieur Gouttman et il fabriquait des articles de piété qu'il vendait lui-même dans les églises et les procures : des croix, des médailles et des chapelets de toutes dimensions, des candélabres pour oratoires, des autels portatifs, des bouquets de clinquant, des sacrés-coeurs en carton bleu, des saint Joseph à barbe rouge, des calvaires de porcelaine." 

Dans les années 1990, mes activités à Lyon m’amenaient à venir régulièrement à Bourg-en-Bresse avec mon ami Eric Sauzé, lequel appelait plaisamment cette ville Berg-en-Brousse. Il ne s’agissait pas de se moquer de cette préfecture ni de ses habitants, simplement le calembour était ce qu’on appelle bien trouvé*.

*Hommage aux plus créatifs de mes connaissances en matière de « cale-en-bourg » : Eric Sauzé, Karel Vereycken, et, spécial dédicace musée de Cluny, Cédric Pailler !

On peut décliner cet exercice (la contrepèterie) pour pas mal de villes françaises ! Tout du moins, en ce qui nous concerne, il faut qu’un seul de ces éléments soit un mot qui existe (c’est tout le sel de l’à-peu-près), pour que le résultat soit pornographique (grâce au dard ou la moule, par exemple) ou bien évoque la lose assurée (grâce au ridé ou au pelé). Je reconnais toutefois que certains résultats sont quelque peu capillotractés. J’ai évidemment choisi des communes dont, selon moi, bon nombre de gens a plus ou moins entendu parler, sinon çà tombe à côté. La liste qui suit est établie par ordre des départements, ce qui fait que Berg-en-Brousse (Ain) arrive en premier ! J’ai inclus les ex-DOM, aujourd’hui communautés d’outremer – où l’on voit que la commune guadeloupéenne de Capesterre-Belle-Eau est une source de calembours. Certains départements ne m’ont pas inspiré : Bas- et Haut-Rhin avec leur toponymie germanique, peu propices à l’exercice contrapétique.

Allons-y pour ce grand voyage :

Valsegarde-sur-Ballerine


Berg-en-Brousse, Villombes-lès-Dards, Ambugieu-en-Bérêt, Valsegarde-sur-Ballerine (évidemment), Foire-en-Tardenay, Saint-Siourçain-sur-Poule, Théer-sur-Moule et sa voisine Pandemoule-la-Nalieue, Saint-Vaurent-du-Lard, Villefrère-sur-Manche, Saint-Cap-Jean-Ferrat, Tarassiège-sur-Arcon, Hermes-les-Taxes, Nogeine-sur-Sang, Sar-sur-Benne, Romilleine-sur-Scie, Sévechac-le-Râteau, Anse-en-Provexe, Saint-Promis-de-Rêvance (l’espoir fait vivre…), Mos-sur-Fer, Les Rennes-Mis-Pas-Beaux (pauvres bêtes…), Trouvère-sur-Mille, Coursères-sur-Meule, Isignère-sur-Mie, Saint-Aaron-Montmand (un converti), Grive-la-Baillarde, Aumur-en-Sexois, Quernat-la-Salada, Saint-Rambon-d’Albert, Vence-lès-Balourds et sa voisine Saint-Chaul-Trois-Patauds, Rohan-sur-Misère, Onches-en-Couches, Saint-LOL-de-Péon, Châteaufou-du-Neuf, Gnères-de-Baluchon, Lespoc-Médard, Quédelnau-de-Mastoc, Labalains-lès-Mous, Palaflos-les-Veaux, Sainte-Taure-de-Roumaine, Azeau-le-Ridé, Cinq-Mâles-la-Pire, Sainte-Çoire-sur-Lie, Saint-Corlien-en-Verjus, Chenneterre-sur-Mou, Chennemerre-sur-Tout (variante), Le-Vuy-en-Pelé, Sulloire-sur-Lie, Châteaunoir-sur-l’Oeuf, La-Berté-Feinte-aux-Seins non loin de La-Mamelle-Saint-Chespin, Saint-Pircq-Salopie, La-Marelle-Capival, Montray-Bel-Oeil, Lèche-sur-le-Soir (le matin, c’est pas mal aussi…), Chatnoir-sur-LOL, Le-Bléry-Poussé, Le Messie-Placé, Sainte-Mise-et-Glaire, Bourbain-les-Bonnes, Colégly-lès-Deux-On-Baise et Dolégly-lès-Queues-On-Baise (qu’en pense Yvonne ?), Gâteau-Chontier, Soute-à-Poumon, Buc-le-Dard, Belle-Mère-en-Isle, Berk-lès-Siens, Mémères-lès-Zietz, Salaud-Châtains, Chaton-Chineau, Meule-en-Barons, Nain-le-Soble,

Nain-le-Soble

Avelpe-sur-Haine, L’Esdé-sur-Cocon, Crély-en-Pavois, Bagnorne-de-LOL, Morterche-au-Pagne, Morparche-aux-Teignes (variante), La Fessée-Marté, Saint-Poil-sur-Ternose, Le-Toutplaît-Paris-Cage et Le-Taquet-Pourri-Plage (deux excellentes définitions de l’endroit !), Ys-sur-Lalère, Mermeuil-sur-Tronc, Nain-Sectaire, Olorie-Sainte-Marron, Omorie-Sainte-Larron (variante), Saint-Lalan-Souris, Couillon-en-Ranisset, Sainte-Mimine-aux-Rats, La-Vapeur-Sainte-Sauchelle, Mourg-Saint-Boris, Le-Bourrelet-du-Jacques, La-Sotte-Mervolex, Zal-d’Hiver (forcément…), Blanc-Nix-Montchameau, Bonnains-lès-Thons, Les-Cons-Monmoie-Tajine, Baume-

Chaton-Landau.

Guillois, Gnon-Saint-Aimant, La Jerté-sous-Foire, Chaton-Landau (mignon…), Soûl-Simplet, La-Guerté-Fauché, Damy-Pont-aux-Couilles et Dapy-Mouille-au-Con (séquence Rabelais), Mamie-les-Agneaux, Ronflant-Sainte-Honoquine, Biquers-Volage, Berce-lès-Mains, Saint-Maxibain-la-Sainte-Môme, Vomaine-la-Raison, Bises-de-Venom (le baiser du diable ?), Saint-Gie-Cri-de-Voile (çà tombe bien, c’est l’endroit pour en faire), Chassepou-du-Noiteuil, L’Amidon-Raie-Pucelle,

Hurepot-en-Maroilles.

Plombains-les-Bières, Sosotte-lès-Moselure, Lévanges-sur-Pologne, Saint-Pausaye-en-Suiveur, Sorbonne-Equeil, Vichy-Ratillon, Bête-sur-Yvure, Hurepoil-en-Maraud, Hurepot-en-Maroilles (miam !), Le-Plassis-Pété, Epinard-sous-Sénay, Seuilly-sur-Naine, Bombes-Colloy, Carne-la-Moquette, Fiersite-sur-Peine, Roby-sous-Noix, Sissi-en-Bru, Le Vlettis-Précise, Pontville-le-Joint, Végnin-en-Maxi, Guyoche-Larron, Vage-dit-Joli-Willy, Froissy-en-Rance, Capesteau-Bel-Air*, Capestet-Blaireau, Clépesterre-Bateau, Clépestèbe-Râteau (une commune décidément très prolifique !), Nointe-Poire, Rilière-Pivote, Saint-Marrant-du-Loroni, Saint-Naurent-du Ramolli.

*Cà tombe bien : le bel-air (créole : bélè) est un genre musical antillais.

Le meilleur côtoie le pire, mais on s’est bien amusés !

Anti-index (4)

Toutes mes excuses aux lecteurs qui bénéficient de mon « alerte » par mail pour les prévenir d’une nouvelle parution. J’ai totalement zappée celle du 1er novembre qui annonçait l’article précédent : https://champouin.blog/2025/11/01/quelle-epoque-epique/ .

Je ne comprenais pas les attaques sur « les liens de Sophia Chikirou avec la Chine », attaques que l’on a lu dans les médias. J’ignorais que le 4 juillet, la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale avait publié un rapport officiel sur les relations entre l’Europe et la Chine, rédigé par Sophia Chikirou, députée LFI contestable et détestable par ailleurs, et qui a embarrassé certains spécialistes des renseignements et journalistes inféodés à l’Empire anglo-américain déclinant. Le même jour, Pierre Januel, du Monde, n’avait pas hésité à dégainer, très irrité que la députée dénonce la politique de l’UE comme « trop souvent alignée sur la politique américaine vis-à-vis de Pékin ». Et Januel d’appeler à son secours Paul Charon, « sinologue » et politiste, qui met en garde contre « la politique expansionniste de la Chine » et contre des propos qui « justifient tout simplement la dictature du parti ». Ce que ne dit pas Januel est que Charon est le directeur du département du renseignement de l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire) où il collabore avec le Collège de défense de l’Otan et de nombreux think-tanks anglo-américains ! Or à la lecture du rapport, on découvre non seulement une analyse politique judicieuse, mais aussi des mesures exigeantes pour résoudre au mieux les problèmes réels d’échanges qui peuvent se poser avec la Chine.

Je viens de lire : Jean-Pierre Rageau, Gérard Challiand, Géopolitique des Empires – 6000 ans d’histoire humaine, Flammarion (Champs-essais), 2024. Livre d’histoire, mais où est la géopolitique ? Toutefois, sur un point, les auteurs se sont mouillés (enfin !). Je cite : « En marge d’une politique conduite à grand bruit et de décevants résultats au « Grand Moyen-Orient », les Etats-Unis, de façon feutrée, menaient sans fanfare des « révolutions de couleur » qui cherchent à ramener l’ex-Union soviétique aux frontières de la Russie : révolution « des roses » en Géorgie (2003), « orange » en Ukraine (2004), « des tulipes » en Kirghizistan (2005), etc. Pilotées par des organisations qui ne sont non-gouvernementales que de sigle, dotées de moyens financiers, appuyées par des fondations américaines, tant démocrates que républicaines, elles visent à disputer à la Russie son « proche étranger ». Et vlan dans la gueule !

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"[...] à Jane Sutton, qu'elle n'aime pas parce qu'elle est anglaise, elle a seulement fait voir quatre cartes postales également sans relation apparente avec sa biographie : un combat de coqs à  Bornéo ; des Samoyèdes emmitouflés parcourant dans un traîneau tiré par des rennes un désert de neige au nord de l'Asie ; une jeune femme marocaine, vêtue de soie rayée, caparaçonnée de chaînes, d'anneaux et de paillettes, la poitrine pleine à moitié dénudée, les narines larges, les yeux pleins d'une vie bestiale riant de ses dents blanches ; et un paysan grec avec une espèce de grand béret, une chemise rouge et un gilet gris, poussant sa charrue."

Voici un nouvel opus de notre rubrique Anti-index. Je rappelle qu’il s’agit de lister les mots ou expressions étranges, décalées, loufoques contenues dans un texte – de préférence un texte sérieux.

Nous allons nous référer aujourd’hui à un ouvrage déjà évoqué* : Driss Ghali, Une contre-histoire de la colonisation française, éd. Jean-Cyrille Godefroy, 2023. C’est parti, mon kiki :

*https://champouin.blog/2024/03/15/ecr-linf-3/ .

  • A pleines dents dans la chair en décomposition (p. 20).
  • Personne n’est l’autochtone absolu (p. 32).
  • Sous-catégorie de bétail dont la caractéristique était l’usage de la parole (p.40).
  • Commerçants au ventre mou et aux ongles limés (p.44).
  • Surmoi lâche telle une camisole de force trop lâche (p.44).
  • Plonger la société dans un bain de formol (p. 46).
  • Réalité diminuée (p. 47).
  • Le fanatisme est la grammaire du changement politique (p. 48).
  • Gribouillis de crises mineures (p. 48).
  • Cochonnets moribonds (p. 52).
  • Islam du sourire (p. 57).

  • Lusitaniens machiavéliques (p. 59)
  • Coups de grisou qui ouvrent le chemin vers le développement (p. 65).
  • « J’ai perdu deux soeurs et vous m’offrez vingt domestiques » (p. 71).
  • Des « hommes augmentés » comme Stanley ou Livingstone (p. 74).
  • La « pâte » humaine est exceptionnelle (p. 74).
  • Plante radieuse qui a été transplantée dans un pot exigu (p. 83).
  • Militaire d’élite qui « pense » (p. 87).
  • « Service après-vente » de la colonisation (p. 90).
  • Colonie low-cost (p. 103).
  • Confier ses missions régaliennes à un gang de Tchétchènes (p. 104).
  • « Loup qui vous mange depuis de générations » (p. 112).
  • Colons clochardisés (p. 115).
  • L’Algérie a la gueule cassée (p. 118).
  • Chleuhs du Maroc (p. 129).

  • Casser le thermomètre pour ne pas lire la température (p. 144).
  • Le « coup était déjà parti » (p. 156).
  • Taxer les Pygmées (p. 157).
  • Doigts coupés des coolies tonkinois (p. 162).
  • Boire un venin et son antidote en même temps (p. 169).
  • Aux colonies, il n’y a pas de place pour l’amour (p. 177).
  • Bêtise coloniale (p. 178).
  • Nids de fourmi dans les parties intimes des jeunes filles (p. 187).
  • Bâton de dynamite placé dans son anus (p. 190).

  • Marécage infect où les vocations sont développées (p. 196).
  • Colonie en bigoudis (p. 199).
  • Putréfaction de l’appareil administratif (p. 199).
  • Boys chapardeurs (p. 207).
  • Un extraterrestre qui a raison sur tout (p. 231).
  • Erreur congénitale du FLN (p. 238).
  • Soutanes multicolores signées Christian Dior* (p. 264).
  • Président « accéléré » (p. 270).
  • « Développement paresseux » (p. 290).
  • Coulouglis (p. 303).
  • « Capitaine moustique » (p. 308).

*Christ en Dior ?

On est songeurs… Réalité diminuée, hommes augmentés et président « accéléré » (un extraterrestre qui a raison sur tout*), chair en décomposition mais arrosée de venin et son antidote, militaires d’élite (tchétchènes ?) qui « pensent »… Bref, aux colonies, il n’y a pas de place pour l’amour : le « coup était déjà parti »…

*Macron ?

Plus sérieusement, l’atmosphère générale de cette liste m’évoque le roman génial de Pierre Lemaître, Le Grand monde (Le livre de Poche, 2023). Ce roman génial montre bien la décomposition et la putréfaction du marécage infect qu’était l’Indochine coloniale… Le Grand monde est aussi, sous forme de roman, une contre-histoire de la colonisation française !

Quelle époque épique !

Propos révélateurs prononcés il y a trois semaines par Angela Merkel sur le site hongrois Paritzan : elle a déclaré que Macron et elle-même avaient souhaité engager des entretiens directs avec Poutine en 2021 au sujet de l’Ukraine, mais que l’UE en avait été empêchée par les trois pays baltes et la Pologne. Si des pourparlers diplomatiques avaient été menés à l’époque, a-t-elle admis, on aurait pu empêcher l’invasion de l’Ukraine par la Russie…

« On ne peut pas défendre le Hamas, la République islamique d’Iran, et prétendre soutenir les femmes afghanes. Je suis l’anti-Rima Hassan » (Marzieh Hamidi, afghane, championne de taekwondo, et militante pour le droit des femmes).

Cambriolage du Louvre : l’ancien gardien de musée que je suis est de tout coeur avec celles et ceux qui étaient en première ligne. Encore une fois, le drame aurait pu être évité ou restreint s’il y avait eu plus de moyens budgétaires, humains et matériels mis à la disposition du musée, bien que, il faut le reconnaître, il est difficile de sécuriser un bâtiment de 243 000 m2 à moins que les PC sûreté et sécurité deviennent eux-mêmes des usines à gaz….

Et puis pensons aux conditions de travail d’agents travaillant dans un lieu qui fut le Louvre, puis le Grand Louvre, puis un encore plus grand Louvre, puis un toujours plus grand Louvre*, sachant que chaque agrandissement du musée appelle toujours celui de son visitorat, constitué aujourd’hui de hordes de beaufs mondialisés. C’est tout juste si, au château de Versailles, ces derniers ne mangent pas des glaces dans la galerie du même nom…

*Et toujours pas de réservation obligatoire pour réguler les flux, comme au Rijksmuseum, à l’Ermitage ou à l’Alhambra de Grenade…

Paru dans L’Humanité Magazine du 23 octobre.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Sur [la table] de gauche, une lampe dont la forme affecte la forme d'un artichaut, et une assiette octogonale en étain sur laquelle sont posés deux morceaux de sucre, un verre et une carafe d'eau en cristal avec un bouchon en forme de pomme de pin ; sur celle de droite, une pendulette rectangulaire dont le boîtier en acajou veiné est incrusté d'ébène et de métal doré, un gobelet en argent à monogramme, et une photographie dans un cadre ovale représentant trois des grands-parents de Bartlebooth. Sur la tablette inférieure,  est posé un agenda de grand format, relié en cuir noir."

*Le problème se pose également pour l’Art moderne : moderne, mais jusqu’à quand ? A tel point que, vers 1960, il a été supplanté par l’Art contemporain, qui l’est lui-même de moins en moins… Klein ou Warhol, c’était il y a soixante ans : plus très contemporain !

Il y a plusieurs façons de répertorier les chrononymes. Il y a les « ères », ces périodes longues. J’en ai cité trois. Ajoutons la Préhistoire (Paléo- et Néolithique) ou l’Ancien Régime. On notera beaucoup de ces divisions concernent surtout le monde européen. Par abus de langage, on évoque « l’Inde antique » ou « le Japon médiéval ». Enfin, ajoutons, vous en serez témoins, qu’il est difficile d’établir une typologie cohérente, d’autant qu’une entrée peut appartenir à plusieurs catégories.

On compte aussi des périodes moins longues, marquées par des dynasties ou des longs règnes : l’Ere des Pharaons noirs (Egypte, 15ème dynastie), Le Siècle de Périclès, la Papauté d’Avignon, l’Ere élizabéthaine, le grand Siècle (= le règne de Louis XIV), la Restauration, l’Ere victorienne (les Anglais disent The Victorianism), l’Ere Meiji, la dictature des Colonels (Grèce ou Turquie). Sans faire référence à des règnes mais à des siècles, on peut citer le Quattrocento (Attention, piège ! Il s’agit, en Italie, des années 1400, donc de notre 15ème siècle) !

La Restauration.
Doit-on continuer à compter les années avec un système basé sur la naissance du Christ ? Ce procédé arbitraire peut paraître totalement illégitime pour certains peuples... La revue L'Histoire  utilise av. (ou ap.) n. è., comprendre "notre ère", ce qui ne résout pas le problème : "notre ère" signifie celle que nous avons déterminée... d'après la naissance de J. C. ! On n'en sort pas... Il vaudrait mieux utiliser è. c. pour "ère commune", afin de dire "c'est l'ère communément utilisée, mais qui ne représente rien pour nous". Pour les temps les plus lointains (géologie, histoire du vivant, paléontologie), les auteurs utilisent B.P. (before present), car on n'est plus à 10 000 ans, voire 100 000 près !

Beaucoup de chrononymes désignent une période marquée par un évènement ou une action : il s’agit alors d’un praxonyme. C’est la catégorie la plus nombreuse.

Certains praxonymes ont rapport à la guerre, hélas. Ce sont même les plus prolifiques. Outre les Guerres du Péloponnèse, puniques, de Cent Ans, de Sept Ans, etc.- et les deux Guerres mondiales, on peut citer les grandes Invasions, la Guerre des Deux-Roses, la Reconquista, la Guerre des Boers, la Grande Guerre, la drôle de Guerre*, les Guerres d’Espagne, du Vietnam (très longue…), des Six Jours (très courte…), ad nauseam, malheureusement.

*Celle-ci se dit der Sitzkrieg (la guerre assise) en allemand et Dziwna Wojna (la guerre étonnante) en polonais. En américain, on dit The Phoney War (la fausse guerre), comprise Funny War par le journaliste Roland Dorgelès, d’où « la drôle de Guerre » !

Notons également les révoltes et révolutions en tous genres : la Grande Jacquerie, la Fronde, la Glorieuse Révolution (anglaise de 1688), la Révolution (française) et en miroir la Chouannerie, la Jeune Allemagne* (1815-1848) – manifestation locale du Printemps des Peuples, le Risorgimento**, la Commune, le Printemps de Prague, l’Intifada, les Printemps arabes.

*Appelée en allemand le Vormärz (« l’avant-mars »), c’est-à-dire toute la période préparant la révolution allemande avortée de mars 1848. En miroir, la réaction à ce mouvement s’appelle le Biedermeier, du nom d’un personnage de roman, bonhomme sans histoires et conservateur. Ces appellations sont tout autant politiques que culturelles. Le terme français Jeune Allemagne, fait référence à la Jeune Europe (Jeunes Turcs, etc.), dynamique d’émancipation des peuples du joug des empires.

**Littéralement « la résurgence ».

La Fronde.

D’autres appellations désignent des périodes marquées par des orientations volontaristes politiques, économiques (les Siècles d’or espagnol ou hollandais), religieuses ou intellectuelles (le Siècle des Lumières*). Ainsi la Réforme (et en miroir, la Contre-Réforme), The Gilded Age (l’Age d’or, 1865-1901, Etats-Unis)**, le Sexenio Democratico (Espagne, 1868-1874), le Front Populaire, les Trente Glorieuses*** (et en miroir, les Cinquante Piteuses qui ont succédé), la Perestroika.

*On dit The Enlightment (« l’illumination ») en anglais et die Aufklärung( « l’éclairage ») en allemand.

** Cet « âge d’or », malgré le développement extraordinaire des Etats-Unis en cette période, est à relativiser.

***Praxonyme inventé par l’économiste Jean Fourastié (Les Trente Glorieuses ou la Révolution invisible de 1946 à 1975, Fayard, 1979) sur le modèle des Trois Glorieuses (trois jours de révolution de juillet 1830). Pour la période d’après 1975, celle de « la crise », on parle des Trente (qui sont maintenant cinquante) Piteuses...

Certains chrononymes désignent des âges d’or plus de passion que de raison : ainsi la Belle Epoque, les Années folles*, la Movida (décennie d’euphorie et de libération culturelle en Espagne après la mort de Franco).

*Appelées die Goldene Zwanziger et The Golden Twenties (« les années vingt dorées ») par les Allemands et par les Britanniques, et The Roaring Twenties (« les années vingt rugissantes ») par les Américains .

D’autres désignent des périodes noires : la Peste noire, la Terreur, les Hungry Forties (famine irlandaise due à la contamination intentionnelle britannique de la pomme de terre par le mildiou dans la décennie 1840), la Grande Dépression (américaine, après le krach de 1929), l‘Occupation (et en miroir, la Résistance), les Années de Plomb (Italie, années 1960-70).

La Résistance.

Ces listes ne sont pas exhaustives et, certaines entrées peuvent appartenir à plusieurs catégories.

Enfin, certains évènements sont désignés par leur date : la Saint-Barthélémy, la Nuit du 4 août, Thermidor (renversement des robespierristes le 9 thermidor an II), le 18 brumaire, la Nuit des Longs Couteaux, le 18 Juin 1940, Mai 68, Bloody Sunday (tuerie par l’armée britannique de 28 militants pro-irlandais à Derry le 30 janvier 1972), le 11 septembre (2001), jusqu’au récent 7 octobre (2023)…

Bref, quelle(s) époque(s) épique(s) !

[Nota : Quelle époque épique fut une chronique « du drôle et de l’insolite » animée par Yolaine de La Bigne sur France Info de 1987 à 2001. J’ai cru bon d’emprunter ce titre à propos de chromonymes.]

Ma bibliothèque amoureuse (10/infini)

*https://champouin.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=6115&action=edit

Retour sur Je me souviens (4/4) – Paris 1965*, avec ces deux informations :

*https://champouin.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=8573&action=edit

Dans l’édition Folio Gallimard (1975) de L’Insurgé de Jules Vallès, Marie-Claire Blancquart, l’autrice de l’appareil critique, écrit en note : « La salle des Folies se trouvait 8, rue de Belleville. Après avoir servi de lieu de réunions publiques, elle recueillit Dranem, Piaf, Fréhel, Georgette Plana, qui y chantèrent. Tout le quartier meurt sous la pioche des démolisseurs [en 1975, donc], et nous avons déjà peine à imaginer ce fief populaire que connut Vallès, avec la salle Favié et la Vielleuse toute proche ». Toutefois, Les Folies, qui était en réalité une arrière-salle de café, subsiste toujours. Autre café, La Vielleuse, fut reconstruit dans un immeuble moderne, mais a gardé une partie de son décor ancien.

Je suis tombé, aux Archives nationales, sur un extrait des minutes des actes de naissances du 19ème arrondissement de Paris : celui de Georges Perec, né le 7 mars 1936 au 6 rue de l’Atlas (toutefois ses parents étaient domiciliés 1, rue Vilin). La rue de l’Atlas actuelle commence, pour les numéros pairs, au 12. Le 6 (un taudis, vraisemblablement) a été détruit pendant l’opération immobilière (les « démolisseurs » de M.-C. Blancquart) du début des années 70, et se trouvait à l’emplacement des actuelles grilles d’entrée de l’allée Pernette-du-Guillet, un des accès de l’ensemble Atlas/Lauzin/Rébeval, où je réside. Belle transition pour ce qui suit :

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Elle avait comme clients des collectionneurs particuliers, des marchands de curiosités, des porcelainiers désireux de rééditer des services prestigieux Retour d'Egypte ou Malmaison, des bijoutiers qui lui demandaient de représenter sur le fond d'un pendentif destiné à recevoir une unique mèche de cheveux, le portrait de l'être chéri (réalisé à partir d'une photographie le plus souvent douteuse) ou des libraires d'art pour qui elle retouchait des vignettes romantiques ou des enluminures de livres d'heures".

J’ai lu naguère* l’ouvrage suivant : Bernard Pivot, Cécile Pivot, Lire !, Flammarion, 2018. Le regretté Bernard et sa fille Cécile, enseignante et grande lectrice également, y confrontent leurs usages, leurs pratiques, pour ne pas dire leurs us, voire leurs moeurs en matière de lecture.

*Pour les ignares : naguère signifie « il y a peu ».

Votre serviteur marcjoly, dans le cadre de cette rubrique, expose les siennes. Je vais peu ou prou reprendre les thèmes déclinés dans l’ouvrage précité :

Mes souvenirs de lecture d’enfance ne concernent pas des lectures faites « d’un bloc », mais du vagabondage : une sorte d’école buissonnière de la lecture. « Le plus facile à lire était le dictionnaire. Avec les mots je jouais à la marelle et à saute-mouton » écrivait Bernard Pivot. C’est exactement çà : avec les dictionnaires et les encyclopédies, mais aussi les livres « rigolos », ou ceux plus sérieux dont on relève la substantifique moelle de l’ironie (Daninos, Maugham). Pas de BD (c’était interdit). J’avais quand même des « petit livres » comme la série des Petit-Tigre qui m’ont beaucoup marqué. A l’origine de ces goûts de lecture : ma maman qui, partout où nous avons résidé, a « éclusé » toutes les bibliothèques..

A ce propos, enfant puis adolescent, je pensais que « quand je serai grand », je ferai la même chose. Or aujourd’hui, à soixante-quatre ans, je n’ai toujours pas de carte de lecteur d’une « bibli ». On m’a donné des livres. J’en ai trouvé chez les bouquinistes*. Ma compagne en a acheté également. Mes quatre étagères sont pleines. J’ai un carton et une desserte d’ouvrages non encore lus. Je suis obligé d’en revendre chez Gibert, ou d’en donner à Recyc’livres.

*Que je ne fréquente plus : radins et pas aimables.

Lire donne envie d’écrire. Je dirais surtout : lire donne envie de lire plus encore. Mais enfant puis adolescent, grand lecteur, je n’écrivais pas. Les rédactions scolaires étaient pour moi une torture, car ce que j’aurais voulu écrire était en parfait décalage avec ce qui était attendu et convenu. Et pourtant, j’aurais voulu être ni Chateaubriand ni Hugo, mais Alphonse Allais ou rien. Cà ne m’aurait pas déplu. Puis j’ai eu une démangeaison d’écrire, il y a environ… dix ans de cela (j’avais 55 ans !) – d’où, entre autres, l’idée de ce blog. Ejaculation littéraire tardive ? Catharsis ? SOS à l’Univers (comme dirait Charlebois) ? Tout vient à point qui sait attendre… Mais je n’aurais pas écrit si je n’avais pas lu !

Ai-je sacrifié quelque chose pour lire ? Non, même si c’est ce que pensent des collègues de travail – les pauvres ! Ils croient que je sacrifie les séries, les jeux vidéo, le shopping, le streaming, la salle de sport et autres imbécilités que je ne pratique pas…*

*Je leur ai sorti l’autre jour cette phrase : çà a jeté un froid…

Je ne lis pratiquement pas de romans, ce qui peut étonner les lecteurs de ce blog, dont beaucoup d’articles sont littéraires ou paralittéraires. Je ne lis jamais de poésie, ce qui peut surprendre mes lecteurs d’articles type « atelier d’écriture ». Je n’ai pas non plus, comme je l’ai dit, la culture des BD – ni celle des polars. Je lis surtout des essais historiques, politiques, scientifiques, « sociétaux ». Je lis également chaque semaine Marianne, L’Humanité Magazine, Charlie Hebdo, et chaque mois Çà m’intéresse et Epsil∞n.

Le livre nous tombe des mains.
Qu’il tombe.

Daniel Pennac

J’ai pour principe de ne pas abandonner un livre en cours de lecture. Mais parfois, comme on dit, quand çà veut pas, çà veut pas ! Sujet chiant, verbiage, pensée officielle, masturbation intellectuelle, pathos… A l’inverse, relis-je des livres ? Rarement, en tout cas bien des années après, mais sûrement pas des pavés. Pas question de relire Eugène Sue ou Dickens !

« Il n’y a pas un jour que je n’ouvre un dictionnaire » (B. Pivot). Ce n’est tout de même pas mon cas, et çà l’est de moins en moins… J’ai de plus en plus une paresse qui s’appelle Wikipedia, organe malheureusement du consensus et non de la vérité ! En tout cas, mon dico est le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey (éd. Le Robert).

Si Bernard Pivot classe ses ouvrages par ordre alphabétique, et sa fille Cécile par édition et collection, les miens, pour la plupart des essais, le sont par ordre chronologique. J’avais déjà exposé mon mode de classement dans mon précédent blog Mr Liste* :

*http://mrliste.hautetfort.com/archive/2019/09/09/ma-bibliotheque-amoureuse-6174796.html#more .

La lecture sur écran, fût-ce une liseuse, me rebute. Je revendique le livre-objet ! Il y a évidemment les « beaux livres » (grand format, illustrations), mais aussi le livre relié – j’en ai peu et il prennent de la place, tout comme les brochés, plus volumineux que les poche. Je ne possède que treize livres reliés, ce qui est vraiment dérisoire, dont une seule reliure artisanale (trouvée chez feu mon beau-père). Tout livre peut être remarquable par son format : je n’ai que onze formats à l’italienne. Et je n’ai gardé que deux boîtes/étuis : celle contenant les trois volumes du dictionnaire d’Alain Rey précité et celle contenant un ouvrage sur la Commune et un CD. Là encore je jette les boîtes (heureusement en carton industriel) pour raison de place. J’aime bien les poche, les gros mous (Bouquins et Omnibus), les séries (tous les tomes de De Gaulle dans la même collection), ceux dont le rapport poids/volume semble intéressant, ceux possédant un signet

Je déteste qu’on manipule un livre avec les mains sales, et que celui-ci contienne des miettes ou des cheveux. Je déteste qu’on annote les pages d’un livre, fût-ce au crayon, ni qu’on corne les pages (ou involontairement la couverture) : le livre doit rester vierge tel que sorti du libraire. Je possède toutes sortes de marques-pages, non seulement pour leur esthétique, mais surtout pour leurs divers formats, adaptables à ceux des livres.

Quelques uns de mes marque-pages (proportions non respectées).

Je lis dans les transports (pas pour quatre stations, c’est trop court), mais assis : debout on peut faire tomber le livre, il faut le tenir d’une main car l’autre tient la barre… no way ! Je lis également au lit pour m’endormir. J’arrive à trouver le moment où il est temps d’arrêter et d’éteindre la lumière : après c’est trop tard et on s’endort la lumière allumée ! Pas de lecture en mangeant. Outre les taches de gras, on lit ou on mange, pas les deux !

Je n’emporte pas de livres en vacances, mais mes magazines, sachant que malheureusement : 1. on va s’écrouler de fatigue d’avoir vadrouillé toute la journée et 2. tout hébergement possède malheureusement une télé.

Offré-je des livres (qu’est-ce qu’il parle bien, marcjoly) ? Oui, et je n’offre pas d’autres cadeaux que des livres. M’en offre-t-on ? Parfois, au grand désespoir des offrants qui doivent se dire que j’ai déjà tout lu. En prèté-je ? Plus jamais : on ne me les rend pas – ou bien abîmés…

Les gens qui lisent sont moins cons que les autres,
c’est une affaire entendue.

Bernard Pivot

Le pignon d’Ernest

Ah, les larmes médiatiques sur le sort du « pauvre Sarkozy » ! Les victimes de l’attentat du vol UTA 772 apprécieront… On retiendra que le mentor de Sarkozy fut un certain Charles Pasqua, un homme intègre ! Et, même si cela n’a rien à voir avec son procès, le fait d’avoir réintégré la France dans l’Otan (par exemple) mérite la prison pour trahison.

Reconnaître la Palestine, c’est bien. Mais le faire sans garanties préalables ne sert à rien, et revient à légitimer le Hamas. Quant aux enfantillages de maires écolo-LFistes (et malheureusement aussi communistes comme Saint-Denis, où il s’agit de clientélisme communautariste flagrant) consistant à hisser le drapeau palestinien, cela viole le principe de neutralité. Cela vaut également pour le drapeau ukrainien ! Si j’avais été maire, j’aurais été plus subtil : j’aurais affiché les drapeaux palestinien et israélien. Respect du principe de neutralité !

Extrait de l’adresse de Sophie Binet aux syndicats Cgt sur le processus des mobilisations en cours : « Ce n’est pas « Nicolas qui paie… pour Mohammed », mais Nicolas, Mohammed et Fatimata qui paient pour Bernard Arnault et Vincent Bolloré ». Arnault qui, dernièrement, a encore montré son vrai visage de réactionnaire.

LA LISTE PEREC DU JOUR :

" C'est la chambre d'un homme déjà mort, et il semble déjà que les meubles [...] l'attendent avec une indifférence polie, bien rangés, bien propres [...] : le dessus-de-lit parfaitement tiré, la petite table Empire aux pieds griffus, la coupe en bois d'olivier contenant encore quelques pièces étrangères, des pfennigs, des groschens, des pennies, et une pochette d'allumettes offerte par Fribourg and Treyer, Tobacconists & Cigar Merchants, 34, Haymarket, London SW1, le très beau verre de cristal taillé, le peignoir en tissu éponge couleur café brûlé, accroché à une patère en bois tourné et, à la droite du lit, le valet de nuit en cuivre et acajou [...]"

Dans la série des « textes de jeunesse » de marcjoly, en voici un qui attaquait le formalisme universitaire. Chacun des deux protagonistes (Pensedroit et Crasselogique) pèche par ses défauts : il croient tout savoir, se prennent au sérieux et aspirent aux honneurs. De plus, Pensedroit est un routinier à la Kant.

Le texte a lui aussi ses défauts. Je l’ai laissé tel quel :

L’INSCRIPTION LATINE

Comme chaque matin à la même heure, Ernest Pensedroit se leva. Après avoir pris son petit-déjeuner puis fait sa toilette, il décida, comme chaque matin à la même heure, de faire un tour dans son jardinet. C’était une matinée de mai qui s’annonçait belle. Les oiseaux chantaient. Raide, sec, la cinquantaine finissante, le Professeur Pensedroit était érudit, et sa haute opinion de toutes les choses de ce bas-monde lui valait une respectabilité sans égal. Sa réputation s’étendait jusqu’aux cercles et pinacles les plus influents.

Foulant l’herbe du jardinet encore imprégnée de rosée, son pied trébucha. Ernest Pensedroit se pencha et vit un morceau de dalle. « Curieux ! », pensa-t-il. ne pouvant la soulever, il décida de soulever la dalle et partit chercher quelques outils. La dalle lui apparut. Son coeur de serra, sa gorge se noua. La dalle portait une inscription qui disait :

ACTILIV

Q. IVLE

CAEDREM

Son sang ne fit qu’un tour. La modeste pierre qui se trouvait à ses pieds était peut-être, que dis-je, sans doute contemporaine du Grand César, elle avait peut-être croisé le regard de Cicéron. Sénèque l’aurait soulevée et Tite-Live l’aurait effleurée… Pensedroit n’en revenait pas. Cette exhumation fortuite ne pouvait que couronner ce qui tait déjà le sommet de sa carrière. Grâce à la rencontre inopinée avec le caillou, il égalerait Braudel, deviendrait Prix Nobel, finirait Immortel… Dès son arrivée dans les cieux éthérées, les Aristote, Descartes et autres Newton s’exclameraient : « mais c’est le grand Pensedroit » !

Revenu à lui, le grand Pensedroit décida d’aller modestement et terrestrement porter la dalle chez son ami, le Professeur Crasselogique. « Hmm… Très intéressant, murmura Crasselogique, mais que peut signifier cette inscription ? -Voyons voir…, répondit Pensedroit. Actiliu : ablatif d’actilius, Jule : vocatif de Julius. Caedrem nous pose problème. -Il s’agit peut-être d’une forme altérée substantivée de cadere : tomber -Oui, et pour le Q., il s’agit d’une abréviation, nous pouvons attendre. -En tous cas, tout cela est pour l’instant bien mystérieux… »

Une fois rentré chez lui, Ernest Pensedroit était bien déterminé à passer la nuit à chercher la signification de l’inscription contenue sur la dalle susmentionnée. Il ouvrit tous les dictionnaires qu’il avait en sa possession et ne trouva rien, sinon une infinité d’hypothèses donc aucune ne le satisfit.

Quelle ne fut pas sa satisfaction quand le lendemain, il émergea, l’oeil hagard, dans les couloirs de la Faculté. Parmi le brouhaha des conversations des collègues, il n’entendit qu’un mot : « l’inscription ». Crasselogique était passé par là.

Pendant des jours entiers, les recherches furent intenses. On se perdit en conjectures. Actiliu était-il le diminutif non attesté d’actum ? De quel Jule s’agissait-il ? Caedrem désignait-il un espèce d’arbre de Palestine ? Que désignait ce Q. ? Quintilius ? Pensedroit fut reçu à l’Académie. Il fut invité à présenter des conférences dans le monde entier : de la Patagonie au Kamtchatka, et du Yucatàn à la Saône-et-Loire. Il connut, lui, homme renommé mais renfermé, la gloire pétaradante et tonitruante des médias. Il fut l’hôte habituel d’Apostrophes et de Bouillon de Culture. Il en devint même le pivot.

Il décida de se consacrer à son livre. Cet énorme livre contenait diverses explications relatives au contenu de l’inscription, et par conséquent, à sa datation. L’une d’entre elles était l’exhortation faite à César par des conspirateurs repentis de ne pas quitter le pouvoir. Une autre était un mot laissé par la femme d’un habitant du quartier du Quirinal à son mari. Ce mot l’enjoignait à ne pas oublier son caleçon car les nuits étaient fraîches. Ernest Pensedroit consacra bien une dizaine d’années à la rédaction du grimoire. Entre temps, tous ses amis, collègues et relations avaient, la lassitude s’étant installée depuis longtemps abandonnée les recherches.

Ernest se sentit éloigné, puis isolé et enfin totalement abandonné. Bref, il était trahi. Un sentiment d’impuissance et d’échec s’affirma pendant que le livre refusait de se conclure.

Un jour, désespéré, on le vit arriver au bord du canal de l’Ourcq, avec à son cou une pierre qui, elle, ne portait pas d’inscription.

Et dire que, selon certaines mauvaises langues, l’inscription, lue à l’envers, signifiait : « Merde à celui qui lit çà » !

Ah, les salauds ! Ah, les vaches !

Les couvertures auxquelles vous avez échappé (8)

Je me sens moins seul : même l’emblématique Laurent Lopez, président dans les années 199o de l’association militante Mieux se déplacer à bicyclette (l’un des deux mouvements pionniers avec Vélorution), est atterré. Il ne se reconnaît plus dans les cyclistes d’aujourd’hui. « A l’époque, a-t-il déclaré dans Le Parisien, on pensait que celui qui choisirait de se déplacer à vélo serait un usager vigilant, regardant, civique… Mais on était de doux rêveurs ! ». Sentiment partagé par de nombreux cyclistes « historiques » qui ne roulent pas assez vite dans les couloirs au goût de leurs alter ego bobos, tyrans sur deux roues. Avec 34 millions de déplacements à vélo par jour, les mobilités ne sont guère restées « douces »...

N’est pas non plus resté doux ce coup d’Etat permanent qui consiste à remplacer Philippe par Castex, Castex par Borne, Borne par Attal, Attal par Barnier, Barnier par Bayrou, Bayrou par Lecornu. Tout cela est un mélange d’ego de Macron, de position hors-sol de ce dernier, de mépris d’une « populace » de 67 millions d’habitants et le pire : la pression des milieux financiers sur leur imbécile utile qu’est le Président français, un type persuadé de faire l’Histoire, entre guerre nucléaire otanienne et Jeux olympiques...

LA LISTE PEREC DU JOUR :

"Les colis étaient enveloppés dans une poche de nylon représentant un drapeau américain ; ils contenaient une brosse à dents, un tube de pâte dentifrice, trois tablettes de cachets effervescents recommandés en cas de névralgies, gastralgies et acidités, un savon, trois doses de shampooing, une bouteille de boisson gazeuse, un stylo à bille, quatre paquets de gomme à mâcher, un étui de lames de rasoir, un porte-carte en matière synthétique destiné à recevoir une photographie [...], une petite médaille dont la découpe avait la forme de l'Etat de l'Union où le soldat était né [...] et une paire de chaussettes."

Les mots, la parole… Quand j’étais petit, attiré par les langues, je dévorais les méthodes Assimil. Ce qui fait qu’aujourd’hui, au lieu d’avoir chez moi ces livres sur l’anglais, l’espagnol, l’allemand comme tout le monde, je possède des méthodes sur le picard, le créole, l’espéranto, le chinois, le basque… Et savez-vous qu’il existe une méthode d’argot, dénommée La méthode à Mimile (Alphonse Boudard, Luc Etienne, Ed. La Jeune Parque, 1970, diverses rééditions en Livre de Poche – épuisé aujourd’hui) ? L’ancien truand devenu écrivain et le pataphysicien reprenaient les codes de la méthode Assimil (avec l’aimable autorisation de cette dernière) pour l’apprentissage de l’argot. Boudard appartient à cette génération d’écrivains d’après-guerre (Antoine Blondin, René Fallet, Albert Simonin, Michel Audiard, Frédéric Dard…) qui nous ont fait découvrir les richesses d’une langue « verte ».

Revenons à Assimil et ses détournements. Je vous propose ceci :

J’étais aussi attiré par les dictionnaires, et en particulier ceux qui étaient encyclopédiques, avec des planches. Ah, la planche sur les escaliers : les différents types d’escalier, les différentes parties d’un escalier… Je me plongeais aussi dans les dicos de noms propres. Et celui-là ?

 

Gros mots larvaires ou gros mollards verts ? Vous êtes songeurs… Non, vous n’êtes ni chez Bigard, ni chez Hanouna…

En tout cas cela donne envie, même si c’est totalement improductif, de dire des gros mots à Castal, Baynier, Bartex et autres Premiers ministres interchangeables !

Stop « Brutish » geopolitics !

Bonne rentrée à tous, si l’on peut dire…

Viol (par derrière) sans vaseline : c’est le programme de « l’année blanche » ou plutôt noire que Bayrou veut nous imposer. Les médias ont beaucoup insisté sur la suppression de deux jours fériés en 2026*, mais cela n’est pas le plus grave en soi, même s’il y aura fort à parier qu’il y aura un « effet cliquet » : ce sera définitif. Le reste est ahurissant : gel des pensions de retraite, des prestations sociales, des budgets de services publics, des rémunérations des fonctionnaires, baisse des droits des demandeurs d’emploi ; déremboursements des médicaments et des consultations. Et mesures qui pourraient prises par ordonnance dès l’automne. Retour, donc, au 19ème siècle pour un patronat qui n’a digéré ni les luttes syndicales d’entre 1880 et 1920, ni le Front populaire, ni les mesures issues du Conseil national de la Résistance, ni celles des accords de Grenelle. Retour aussi aux années 30 avec une économie de guerre à la Hjalmar Schacht ! Ach ! Retour à Pinochet. Retour à Thatcher. Retour aux « conditionnalités » du FMI… L’Occident, qui s’est effondré par l’obsession de la dette, croit utiliser l’obsession de la dette comme remède… et va s’effondrer encore. Pendant ce temps, les Chinois, adultes, se taisent et agissent …

*Personnellement, je suis pour la suppression des jours fériés religieux obligatoires, mais pour le patronat, il ne devrait plus y avoir aucun jour férié pour ces « feignants de Français ».

Entrons dans le vif du sujet : tous dans la rue le 10 septembre pour un blocage total ! Les Gilets Jaunes sont un caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron. On remarquera que 1. Bayrou veut faire son vote de confiance deux jours avant pour saboter le mouvement, et que 2. ces couards de syndicats ont peur d’être considérés comme d’extrême-droite s’ils se lancent dans le mouvement… Mais surtout, faisons le lien entre la situation internationale (Ukraine, Gaza, bulle des cryptomonnaies) et ce qui se passe en France, sinon çà ne sert à rien.

Nous retrouvons LA LISTE PEREC DU JOUR :

"La vitrine contient une collection de modèles réduits de machines de guerre antiques, à monter soi-même : des béliers, des vineas, dont Alexandre se servit pour mettre ses travailleurs à couvert au siège de Tyr, des catapultes syriennes qui jetaient à cent pieds des pierres monstrueuses, des balistes, des pyroboles, de scorpions qui lançaient tout à la fois des milliers de javelots, des miroirs ardents - tel celui d'Archimède qui embrasait, en un clin d'oeil, des flottes entières - et des tours armées de faux supportées par de fougueux éléphants."

La vineæ (appelée vinea par G. Perec) est utilisée pour se mettre à l’abri par les soldats qui devaient se rendre dans les tours mobiles. Il s’agit d’une sorte de baraque roulante en bois entièrement recouverte de peaux mouillées pour la protéger des projectiles enflammés lancés du haut des murailles de la cité.

Dans un brûlot paru le 27 mai dernier dans UK Column, la journaliste Vanessa Beeley montre que la manipulation britannique de tout le Proche-Orient remonte à l’accord Sykes-Picot de 1916, accord secret qui partagea l’Empire ottoman en sphères d’influence britannique et française. Ce dépeçage inique conduira, des décennies plus tard, à un « Axe de la Résistance » : FPLP, Iran des mollahs, Hamas, Hezbollah, Jihad islamique palestinien, Houthis, Syrie de 2025 … tous créés ou encouragés par les Britanniques.

Plus récemment, c’est une alliance entre Tony Blair, George W. Bush et le MI6 (renseignement britannique) qui avait lancé l’opération ayant conduit en décembre au renversement de Saddam Hussein. Beeley explique qu’après avoir détruit la nation irakienne, ces mêmes réseaux ont oeuvré pour faire de même en Syrie et faire tomber Bachar El-Assad par une avancée rapide des forces terroristes, après avoir choisi et formé un dirigeant de Daech et d’Al-Qaïda, Al-Jolani pour en faire le chef de l’Etat sous le nom d’Ahmad Al-Chareh. Il s’avère qu’un rôle-clé dans cette opération a été joué par Tony Blair et son ancien chef de cabinet Jonathan Powell, impliqué dans le montage frauduleux sur les armes de destruction massive ayant servi à justifier la guerre en Irak*.

*Aucun lien de parenté avec l’ex-secrétaire d’Etat américain Colin Powell, qui avait exhibé au Congrès une prétendue fiole d’anthrax comme « preuve » de l’existence de ces armes. Décidément…

Jonathan Powell et Ahmad Al-Chareh.

La prétendue « guerre contre le terrorisme » née après le 11 septembre 2001, a culminé avec la prise de contrôle de la Syrie par… le terrorisme ! Al-Qaïda y mène aujourd’hui des pogroms de nettoyage ethnique contre toutes les minorités…

Quelques jours avant la chute de Bachar, le premier Ministre britannique Keir Starmer avait nommé Jonathan Powell à la sécurité nationale, d’où il continue à propager la doctrine Blair.

La récente nomination de Tony Blair en tant que « conseiller spécial sur le Moyen-Orient » auprès de l’envoyé spécial Steve Witkoff, qui s’efforce de trouver des règlements en Palestine et en Ukraine, est plus inquiétante.

L’Ukraine, donc : comme le dit Jeffrey Sachs*, la haine de l’Angleterre vis-à-vis de la Russie remonte aux années 1840 avec la guerre de Crimée, mettant fin à l’alliance anglo-russe datant de l’opposition à Napoléon. Les Britanniques se sont mis à détester un rival potentiel qui aurait pu traverser l’Afghanistan pour aller envahir les Indes…

*L’économiste américain Jeffrey Sachs fut l’artisan de la « thérapie de choc » pour la Pologne et la Russie post-soviétique. Avec le remps, il semble avoir finalement gagné en sagesse…

Le rôle prépondérant des Britanniques dans le maintien du monde unipolaire est désormais reconnu par un nombre grandissant d’acteurs mondiaux. En Russie également, les accusations se multiplient. Le 9 juin dernier, Serguéi Lavrov a déclaré sans ambages que les services britanniques « étaient impliqués à 100% » dans les attaques terroristes contre la Russie. Quatre jours auparavant, sur Sky News, Andréi Kéline, ambassadeur de Russie au Royaume-uni s’exprimait sur l’attaque par drones contre les aérodromes stratégiques russes :  » Ce type d’attaque implique, bien sûr, la fourniture de technologies de pointe, de données dites géospatiales, qui ne peuvent être transmises que par ceux qui les possèdent. et c’est Londres et Washington ».

Andréi Kéline.

Dans cette histoire, écoutons plutôt les Russes : le 10 mars dernier, le SVR (service des renseignements extérieurs) déclarait : « Londres est extrêmement irrité par le fait que D. Trump « mène un dialogue avec la Russie comme avec une superpuissance et se montre méprisant envers ses alliés les plus proches » ». Cette déclaration du SVR a été rédigée dans le contexte des efforts frénétiques déployés par Starmer pour soutenir Zelensky. Selon l’agence TASS, « les autorités britanniques considèrent comme une « priorité urgente » de saper les efforts de maintien de la paix de la nouvelle administration sur le volet ukrainien ». Le SVR ajoute que Starmer fait tout pour « renforcer la résistance du régime de Kiev face à la pression croissante de Washington ».

Et le même SVR de conclure : « Aujourd’hui comme à la veille des deux guerres mondiales du siècle dernier, Londres agit comme le principal instigateur du conflit mondial. Il est temps de démasquer les Britanniques et d’envoyer un signal clair à la perfide Albion et à ses élites : vous ne réussirez pas ».

Quand on vous parlait d’Etat profond*…

*Cf. notre article Peur de Trump ? (https://champouin.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=10207&action=edit).

Sources :